La commission du secret-défense s’oppose aux demandes des juges sur les frégates de Taïwan

INVESTIGATIONS SUISSES

La justice suisse, qui mène ses propres investigations sur M. Wang, a saisi 5 milliards de francs sur les comptes de l’intermédiaire taïwanais. Ces sommes pourraient constituer le reliquat de fonds occultes perçus depuis 1991 dans le cadre de la vente des frégates par Thomson, mais aussi de Mirage et de missiles également vendus à Taïwan par Dassault, la Snecma et Matra (Le Mondedu 30 octobre). L’ancien ministre des affaires étrangères Roland Dumas, qui avait publiquement évoqué, à plusieurs reprises, des « rétrocommissions » à caractère politique, n’avait cependant apporté aucune précision lors de son audition sous serment par le juge Van Ruymbeke, le 25 juin. Le 9 novembre, M. Dumas avait lui-même écrit à Laurent Fabius pour le presser de lever le secret-défense qui protège les documents liés à la vente des frégates.

La commission a également indiqué le 29 novembre, cette fois au ministre de la défense, Alain Richard, qu’elle s’opposait à la déclassification de documents susceptibles d’éclairer deux autres affaires sensibles, instruites à Paris par les juges Jean-Baptiste Parlos et Henri Pons. M. Parlos enquête sur la disparition de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, enlevé et probablement assassiné à Paris en 1965. Le magistrat n’avait obtenu, en décembre 1999, qu’une déclassification partielle des documents détenus par les services secrets français sur cette affaire. De nouveaux éléments en sa possession l’avaient amenéà réitérer sa demande. M. Pons conduit une information judiciaire portant sur des détournements de fonds, réalisés entre la Roumanie et la France, susceptibles de mettre en cause le président roumain Ion Iliescu. Le juge souhaite avoir accès à des rapports de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) relatifs à Adrian Costea, un homme d’affaires roumain, installé à Paris depuis vingt ans, qui aurait financé dans des conditions suspectes les campagnes électorales de M. Iliescu.

Interrogé par Le Monde mardi 4 décembre, le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale, Pierre Lelong, a confirmé le sens des avis rendus par la CCSDN mais s’est refusé à en détailler les motivations. « Seule l’autorité politique est habilitée à communiquer sur ce point », rappelle M. Lelong, qui souligne que « les ministres concernés ont en leur possession un relevé d’observations, détaillant les avis rendus par la commission, qu’ils sont autorisés à rendre publics ». Sollicités, les cabinets de M. Fabius et de M. Richard n’ont cependant pas souhaité s’exprimer.

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